📘 Comprendre la technologie des pompes à insuline

Prof. Assoc. Dr. Sorin Ioacara Médecin spécialiste en diabétologie Mis à jour: 11 janvier 2026

La page explique la technologie des pompes : principe de perfusion continue (micro-bolus toutes les 5 min), composants du système (réservoir, moteur, set de perfusion, canule), imitation de la sécrétion physiologique (basale + bolus), programmation de débits basaux variables, types de bolus (standard, prolongé, combo), systèmes à boucle fermée hybride, intégration CGM et avantages par rapport au MDI.

💉 Qu'est-ce qu'une pompe à insuline et comment fonctionne-t-elle?

La pompe à insuline est un dispositif médical de petite taille, qui délivre de l'insuline rapide par perfusion sous-cutanée continue. Le dispositif contient un réservoir d'insuline, un microprocesseur programmable et un mécanisme de pompage, qui assure l'administration précise de l'insuline par l'intermédiaire d'un ensemble de perfusion introduit dans le tissu sous-cutané.

Le fonctionnement de la pompe est basé sur l'administration d'insuline sous forme de débit basal, qui assure une quantité petite et constante d'insuline tout au long de la journée et les bolus, qui sont des doses supplémentaires administrées aux repas ou pour correction. Selon les directives, cette méthode représente le standard d'or de traitement pour les patients avec diabète de type 1.

💧 Comment la pompe délivre-t-elle l'insuline en continu?

La pompe délivre l'insuline par micro-bolus répétés à intervalles de quelques minutes (le plus souvent cinq minutes), créés soit par un moteur de type « pas à pas », soit par un système piézoélectrique. Chaque micro-bolus représente une quantité très petite d'insuline, même de l'ordre des centièmes d'unité. La somme de ces micro-bolus réalise le débit basal programmé par heure.

Le mécanisme de perfusion utilise un piston, qui pousse l'insuline du réservoir à travers le tube de connexion vers la canule insérée sous la peau. Cette délivrance continue élimine la nécessité des injections multiples quotidiennes et permet des ajustements fins des doses.

🫀 Pourquoi la pompe imite-t-elle la sécrétion du pancréas normal?

Le pancréas sain sécrète l'insuline de deux façons. Il existe une sécrétion basale, continue (avec de petites pulsations), qui maintient la glycémie entre les repas et la nuit et des sécrétions pulsatiles importantes, en réponse à l'ingestion d'aliments. La pompe à insuline reproduit ce schéma physiologique par les débits basaux programmables (avec de petites pulsations toutes les cinq minutes) et les bolus aux repas.

Contrairement à l'insuline à action prolongée injectée sous la peau, la pompe permet l'ajustement heure par heure des débits basaux. Cette flexibilité est essentielle pour la gestion du phénomène de l'aube. La variabilité glycémique associée à l'activité physique ou au stress est améliorée par la possibilité d'effectuer confortablement de petits bolus répétés. Les études montrent que cette approche réduit significativement la variabilité glycémique.

🧩 Quels sont les composants d'un système de pompe complet?

Un système complet de pompe inclut le dispositif lui-même avec processeur, moteur, piston, batterie, réservoir d'insuline et l'ensemble de perfusion formé du tube de connexion et de la canule. À ceux-ci s'ajoute le dispositif d'insertion de la canule et les solutions logicielles pour la programmation.

Les systèmes modernes intégrés incluent également le capteur de surveillance continue du glucose, qui communique sans fil avec la pompe. Les composants consommables, comme les réservoirs et les ensembles de perfusion, nécessitent un remplacement, en général tous les trois jours (plus récemment aussi tous les sept jours). Les dispositifs de contrôle peuvent être incorporés dans la pompe ou externes, sous forme de téléphone ou télécommande dédiée.

🧮 Comment la pompe calcule-t-elle les doses d'insuline?

La pompe utilise un calculateur de bolus basé sur des paramètres individualisés introduits par l'équipe médicale. Ceux-ci incluent le ratio insuline-glucides, le facteur de sensibilité à l'insuline et la cible glycémique. Lors de l'introduction de la glycémie actuelle et des glucides du repas, l'algorithme calcule la dose optimale.

Le calcul prend également en compte l'insuline active résiduelle des bolus antérieurs (l'insuline à bord), prévenant ainsi le chevauchement des doses et l'hypoglycémie. La durée d'action de l'insuline est programmable, entre deux et six heures. Cette automatisation réduit les erreurs de calcul et améliore la précision du dosage comparé au calcul manuel.

⚖️ Quelle différence existe-t-il entre basal et bolus?

Le débit basal représente la quantité d'insuline administrée en continu pour maintenir la glycémie stable pendant les périodes sans apport alimentaire. Il s'exprime en unités par heure et peut varier au cours de la journée selon les besoins physiologiques. Cela couvre environ 40-60% du besoin quotidien en insuline.

Le bolus est une dose discrète d'insuline administrée pour couvrir les glucides des repas ou pour la correction de l'hyperglycémie. Il se calcule individuellement, sur la base du contenu en glucides et de la glycémie actuelle. Les pompes permettent différents types de bolus, y compris avec une composante de libération prolongée, pour l'adaptation à la composition du repas.

🤖 La pompe peut-elle décider seule des doses?

Les pompes conventionnelles nécessitent l'introduction manuelle de tous les paramètres pour le calcul du bolus et ne peuvent pas modifier indépendamment les débits basaux. Les décisions thérapeutiques restent la responsabilité de l'utilisateur ou du parent. Elles fonctionnent comme des instruments d'administration, pas de décision.

Les systèmes à boucle fermée hybride représentent l'exception. Ceux-ci ajustent automatiquement les débits basaux sur la base des valeurs glycémiques reçues du capteur, mais nécessitent encore l'introduction manuelle des bolus pour les repas. Ces pompes peuvent faire de petits bolus de correction. Aucun système actuel commercial n'offre une automatisation complète de l'administration d'insuline, d'où le terme « hybride » au lieu de « complète ».

📡 Comment la pompe communique-t-elle avec le capteur CGM?

La communication entre la pompe et le capteur de surveillance continue du glucose se réalise par des protocoles sans fil, le plus souvent Bluetooth Low Energy. Le capteur transmet les valeurs glycémiques à intervalles de 1-5 minutes vers la pompe ou vers un dispositif intermédiaire comme le téléphone (pour les systèmes à boucle fermée artisanaux).

Les systèmes intégrés affichent les valeurs glycémiques et les tendances directement sur l'écran de la pompe. Dans le cas des systèmes à boucle fermée, l'algorithme utilise ces données pour l'ajustement automatique des débits basaux et parfois pour l'exécution automatique de petits bolus de correction. L'intégration nécessite une compatibilité spécifique entre les composants du système et n'est pas universelle entre les différentes marques de dispositifs.

🔧 Quelle technologie utilise-t-elle pour la perfusion?

La plupart des pompes utilisent un moteur pas à pas, qui actionne un engrenage pour déplacer le piston du réservoir d'insuline. Chaque pas du moteur correspond à une quantité précise d'insuline, permettant des incréments de 0,025 jusqu'à 0,05 unités. Le mécanisme assure la précision du dosage.

Les pompes patch utilisent des alternatives comme les systèmes à mémoire de forme ou les pompes piézoélectriques. Les ensembles de perfusion sont réalisés en téflon souple. Les canules sont en téflon ou acier inoxydable, avec des longueurs entre 6 et 17 mm. L'insertion se réalise à un angle de 90 ou 30-45 degrés, selon le type d'ensemble.

🎯 La pompe est-elle un pancréas artificiel?

La pompe à insuline seule ne constitue pas un pancréas artificiel. Le terme de pancréas artificiel se réfère à des systèmes à boucle fermée qui intègrent la pompe, le capteur CGM et un algorithme de contrôle qui ajuste automatiquement l'administration d'insuline. La pompe représente seulement le composant de délivrance de ce système.

Les systèmes actuels sont appelés hybrides parce qu'ils automatisent partiellement l'administration d'insuline. Les bolus pour les repas nécessitent encore une intervention humaine. Un pancréas artificiel véritable, complètement automatique et bihormonal, qui administre aussi le glucagon, reste encore au stade de la recherche.